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Je t’aime si… l’amour sous conditions ou l’amour inconditionnel, mais c’est quoi l’Amour au juste ?

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« L’amour inconditionnel existe vraiment en chacun de nous. Il fait partie de notre moi le plus profond. Ce n’est pas une émotion active mais une façon d’être. Ce n’est pas un “je t’aime” pour telle ou telle raison, ce n’est pas un “je t’aime si tu m’aimes”. C’est un amour sans raison, c’est un amour sans objet.

La pensée de Richard Alpert (Ram Dass) – Professeur de psychologie à l’université de Harvard nous donne un éclairage subtil sur cet état d’être niché au fond de chacun de nous. Un état qui ne se construit pas, qui ne s’élabore pas, qui ne s’acquiert pas, qui est tout simplement. Caché souvent sous légions de croyances et de peurs, mais un état qui est bel et bien présent, et qui compose l’essence même de l’énergie vitale de l’être. Mais alors, pourquoi l’amour questionne-t-il autant ? Pourquoi sa quête perdure depuis tant de siècles si nous avons déjà en nous la réponse, si nous possédons déjà en nous les clés à son accès ?

Si bon nombre de penseurs et de scientifiques se sont penchés sur la psychologie émotionnelle qui pointe deux réalités, entre l’amour en tant que sentiment et l’amour en tant que scénario relationnel, une question centrale reste toutefois au cœur de toutes les approches philosophiques : c’est quoi l’amour ? Peut-on aimer pleinement ?

Que contiennent et à quoi font référence ces quelques mots qui semblent si doux et qui parfois créent tant de souffrances humaines, de débordements émotionnels ?

Et l’amour inconditionnel source d’unicité, de communion, peut-on réellement l’offrir, le vivre, en jouir ? Les neurosciences ont démontré que le cerveau humain est conçu pour aimer sans conditions, quand dans le même temps le mental, en vaillant gardien de notre confort et de notre sécurité émotionnelle s’applique à fixer des limites, des règles, des conditions…

Alors entre croyances limitantes – transmises par le cercle familial, les proches, les amis, l’extérieur – et la peur de perdre, de ne pas être aimé, de ne pas être à la hauteur ou suffisant dans sa propre complétude. Entre dépendance affective, et amour véritable, quelle place pour l’amour inconditionnel dans cette chorégraphie humaine et cette symphonie universelle ?

L’amour, question de perceptions ?

L’amour inconditionnel n’impose par évidence aucune condition. Il n’est pas possession, attachement. Il ne menace pas, ne manipule pas, ne dénigre pas, ne rabaisse et ne domine pas. Il est, se vit, se donne, se partage sans attentes. Il stimule, il transporte, il respecte, il écoute, il comprend, il patiente, il pardonne. L’amour dans ce prisme n’a ni attente, ni limite, ni condition et ne demande aucun sacrifice… Alors voilà, ça serait aussi simple que ça ? Il suffirait de vouloir aimer pleinement avec bienveillance et authenticité, sans jugement et avec compassion pour que cet état d’être entre dans la danse avec fluidité et joie, telle une danseuse étoile qui virevolte avec grâce et légèreté sur la scène de nos émotions ?

Nous apprenons à aimer sous conditions

Évidemment ce n’est pas si simple que cela ! Pourquoi ? Tout d’abord parce que nous sommes des êtres humains qui composent chaque jour. Entre vulnérabilité et force, entre vision et valeurs, entre croyances qui limitent et lâcher prise qui transforme, qui fait trembler les jambes, mais qui ouvre le cœur à de nouvelles perspectives, d’autres opportunités, possibles et sans doute la plus belle des audaces, celle d’être, tout simplement. Mais, revenons quelques instants sur l’amour sous conditions pour bien comprendre l’amour inconditionnel. Dans un précédent  article portant sur la thématique « Je m’aime donc je suis », je pointais l’origine de certaines difficultés rencontrées par beaucoup de personnes, dès lors qu’il s’agit d’aimer de façon inconditionnelle. Comment offrir ce que l’on n’a pas forcément reçu, mal reçu ou mal interprété ? Comment accéder à cet état d’être ancré en soi, quand tant de filtres de perceptions ont été transmis, imposés comme seules conditions pour accéder à l’accomplissement, à la réussite, pour être heureux simplement.

L’amour sous les filtres de croyances limitantes

Des filtres qui ne sont pas les nôtres et que nous intégrons pourtant de façon consciente ou inconsciente, telles des vérités absolues et seuls prismes de notre compréhension, durant notre enfance, notre adolescence et même au cours de notre vie d’adulte. Notre perception se fait alors au travers de lunettes qui ne sont pas les nôtres, mais que nous avons acceptées en tant que telles. Alors bien entendu, il n’est pas sujet à ce stade de porter un jugement, car aimer inconditionnellement est d’abord lié à l’amour bienveillant que l’on se porte à soi-même avec beaucoup de douceur et de compassion. Miguel Angel Ruiz, grand auteur mexicain, ne déclare-t-il pas dans son fameux best-seller – Les Quatre accords Toltèques – « Fais du mieux que tu peux » ?

Oui, il est ici sujet davantage de mettre en clarté, en lumière et avec plus de conscience les mécaniques émotionnelles qui se sont construites sur le terreau de ces croyances, de ces peurs, de ces perceptions transmises, apprises et non innées.

Et si s’arrêter un instant, respirer et prendre un peu de recul pour observer la situation sous un nouvel angle avec plus de recul, était le premier pas posé timidement sur ce sentier de la connaissance de soi ? Un chemin qui mène, In Fine, à l’amour inconditionnel pour soi et pour les autres. L’amour au cœur de notre processus mental et émotionnel se lie immanquablement à la perception que l’on a de soi (estime, confiance…) et par résonance à celle portée sur le monde extérieur.

L’amour en héritage

Et le conditionnement commence, nous l’avons évoqué, avec l’amour maternel et l’amour paternel. Un amour offert par des parents qui, s’ils n’ont pas fait eux-mêmes un travail d’identification de leurs propres perceptions, pour comprendre et ressentir en conscience leurs propres besoins, écouter avec attention leurs cœurs plutôt que de laisser le pouvoir constant à leur mental, ne sont pas libérés et transmettent leurs propres limites.

Et dans un ballet aux multiples tempos, ils communiquent à leur tour à leur enfants leurs croyances comme seules vérités. Leurs peurs comme seule ligne de conduite, leurs visions de l’amour comme seule interprétation possible.

Les éducateurs, enseignants, l’environnement, les amis, ensuite. Chacun convaincu de la justesse de son propre règlement intérieur, participe en relai à la chorégraphie de ce ballet qui se veut bienveillant et qui pourtant conditionne regard, ressentis, et par écho les actes.

« Si j’ai bien compris ce qu’ils me transmettent, ils m’aimeront »,

« Si Je suis comme ils le souhaitent, si je fais ça comme ils le préfèrent, ils m’aimeront“.

« Si je réussi là et que je choisi ça ils m’aimeront ».

Chacun devient son propre censeur et se soumet à ces croyances devenues siennes, sur la meilleure façon d’être pour se faire aimer et aimer.

Et l’on apprend ainsi doucement à aimer sous conditions. La peur s’invite aux premières loges et l’amour inconditionnel se perd dans les coulisses de notre être.

Pas-à-pas, presque inconsciemment on s’applique à soi-même des jugements, des limites non pas choisies par alignement avec qui l’on est, mais par peur de perdre, et de se perdre.

« Je m’aimerais vraiment si je réussis » ,

« Je me sens belle (beau) si » ,

« Je me sens aimé(e) si… ».

L’amour de soi, le premier pas vers l’amour bienveillant

S’aimer sans limite nécessite fréquemment un travail sur soi. Coach expert en conduite du changement je peux vous apporter un nouvel éclairage au cœur d’un projet professionnel ou plus personnel et vous aider à pointer certains marqueurs, afin de vous ouvrir à de nouvelles perceptions. Vous êtes alors plus libre d’agir en conscience. Le test des drivers permet à ce propos de voir ces messages ancrés en nous. Bien entendu, s’il est question d’aller explorer plus en profondeur votre passé pour faire émerger des points douloureux de blocage, un travail avec un thérapeute qualifié est bien entendu conseillé.

Aimer inconditionnellement, est-ce perdre et renoncer à qui l’on est, ou plutôt se reconnecter avec qui l’on est vraiment 

Mère Teresa qui incarne à elle seule la puissance et toute la beauté de l’amour inconditionnel affirmait « Si tu juges les gens tu n’as pas le temps de les aimer ». Alors bien entendu, nous ne sommes pas tous des êtres aussi libres, éclairés, sans attente et dont la raison d’être est cet amour offert avec tant de bienveillance et exsangue de toutes conditions. Mais il est intéressant d’explorer à travers cette pensée lumineuse le lien entre l’amour et le jugement, entre l’amour et l’attente, entre l’amour et les propres limites que l’on fixe dans les relations humaines par peur de perdre et de se perdre.

Si l’amour inconditionnel ou l’amour authentique n’existe que dans le non-jugement, dans l’acceptation totale et sans condition sur soi et sur l’autre, on peut alors en effet s’interroger sur les limites perçues comme salvatrices par notre mental, telles des gardiennes attentionnées de notre bien-être, du respect que l’on a pour soi. Quand les peurs mènent la marche et qu’elles nous font agir, réagir, penser, ressentir non par amour, mais par crainte, de perdre, d’être jugé, d’être incompris, d’être abandonné, de ne pas être apprécié, aimé, soutenu…

Aimer et s’aligner avec ses valeurs

Dès lors que l’on parvient, tout ou en partie, à se libérer, du moins à prendre de la distance avec ses croyances et ses peurs, on avance plus en clarté vers qui l’on est vraiment, vers l’incarnation de ses valeurs comme principale énergie vitale. On devient plus vrai, juste et bienveillant avec soi-même. On ne se malmène plus autant, on s’accepte davantage en complétude dans les qualités et les travers qui composent notre singularité, qui l’on est vraiment. On devient petit à petit plus attentionné et compréhensif avec soi, avec l’autre. On ne subit pas, plus, car l’amour est et ne peut être enlevé. Les autres (l’extérieur) ne sont plus maîtres de nos émotions et de nos attentes, on reprend le pouvoir sur soi-même.

Alors on accepte ses émotions (on ne s’identifie plus à elles), ses ressentis dans une alchimie bienfaisante et nourricière, le combat cesse doucement, l’équilibre émotionnel se dessine et l’on tend vers une existence plus juste et harmonieuse.

Bien entendu chacun suit des valeurs qui lui semblent être justes et le reflet de sa raison d’être. La liberté d’être se fait généreuse et empreinte de compassion, tendant la main à la liberté que l’on donne à l’autre d’être également qui il est vraiment.

Bien entendu chacun a le droit d’avoir sa propre perception de l’amour et de la façon dont on se sent aimer. Cette clarté est par ailleurs cruciale pour s’aimer mutuellement, sans se perdre et sans entrer dans un jeu de pouvoir. 

Dans les 5 langages de l’amour, Gary Chapman nous invite à explorer cet équilibre, cette authenticité, cette aptitude à se respecter, tout en tenant compte de l’autre. « Au cœur d’un couple, pour vous aimer toujours, apprenez à exprimer votre amour dans la langue que l’autre peut comprendre… et à comprendre quand votre partenaire vous dit «je t’aime… ». L’auteur analyse ici les différents langages de l’amour, par lesquels chacun manifeste son amour : les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux, les services rendus, le toucher physique.

Dans cette approche, il est surtout question de mettre en perspective l’amour et le curseur que l’on pointe à son égard, pour être ou se re (connecter) à qui l’on est vraiment et aimer l’autre tel qui l’est vraiment… C’est peut-être ça aussi l’amour inconditionnel … ?