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Donner du pouvoir à l’autre

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Reprendre le pouvoir sur soi ou donner le pouvoir à l’autre, le pouvoir des autres sur notre vie

« Tant que tu t’inquièteras de ce que les autres pensent, tu seras en leur pouvoir. Lorsque tu n’auras plus besoin de leur approbation, tu pourras assumer ton propre pouvoir ».

C’est en ces mots que l’auteur américain Neal Donald Walsch évoque le pouvoir au cœur des relations humaines, relations que l’on entretient avec soi-même et avec les autres.

Et quand Thomas Hobbes philosophe anglais du 17ème siècle, auteur des « Éléments de la loi naturelle et politique » partage sa désormais célèbre pensée « L’Homme est un loup pour l’homme » peut-être faisait-il référence à cette notion de pouvoir qui est source de bien de souffrances et émotions variées pour l’Homme, dès lors que celle-ci dirige, oblige, soumet, limite, obscurcit le libre arbitre et la liberté d’être

Alors oui l’homme est un animal social, comme aimait à le souligner Aristote, il est grégaire la plupart du temps et a besoin pour son équilibre et sa bonne santé mentale de contacts réguliers avec ses congénères. Mais être en contact, en lien c’est aussi s’exposer à la différence, au regard des autres, à l’opinion et aux jugements de l’extérieur, à la comparaison, au rejet, parfois même à la maltraitance psychologique, à la manipulation, tout autant qu’à l’amour, au partage, à la bienveillance, à l’empathie à la joie. 

Oui c’est s’exposer à la vie tout simplement. Comme légions de ressentis qui peuvent malmener ou soutenir selon le pouvoir qu’on leur laisse avoir sur soi-même. Il n’y a pas d’émotions négatives, l’émotion est tout simplement, nous ne sommes pas les émotions, nous vivons un moment d’émotion.

Alors quelles sont ces mécaniques émotionnelles venues tout droit de notre inconscient qui se déclenchent dès lors que l’on est confronté à une situation ressentie comme inconfortable ? Est-ce vraiment l’événement anxiogène qui est important, ou la façon dont on réagit à celui-ci ?

Reprendre le pouvoir sur soi demande bien souvent d’aller explorer en soi ce qui se joue quand une situation, une personne, une parole, une pensée vient bousculer notre bien-être. Entre estime de soi, confiance en soi, amour de soi, valeur que l’on s’accorde, petit tour d’horizon sur cette notion de pouvoir laissé à l’autre et sur les propres limites que l’on s’impose.

Comprendre les émotions pour mieux les vivre

Une émotion c’est quoi ?

Avant d’évoquer plus en détail les raisons qui nous conduisent à laisser le pouvoir à l’autre, il serait déjà intéressant de mettre un peu de clarté sur les émotions, afin de mieux les gérer et sans doute de reprendre un peu de ce pouvoir sur nous-même.

Aroa Gomez Marin, neuropsychologue, s’est interrogée sur la définition même de ce qu’est une émotion en affirmant de façon presque provocante « Tout le monde sait ce qu’est une émotion jusqu’au moment où on lui demande de la définir ! ».

Oui définir ce qu’est réellement une émotion n’est pas si aisé, sans immanquablement générer légions d’autres questions, telles que « d’où viennent-elles ? » « quels sont ces ressentis ? » « Pourquoi se manifestent-elles ? »…

Le Larousse définit l’émotion comme « Un trouble subit, une agitation passagère causés par un sentiment vif de peur, de surprise, de joie, … » ou encore « Une réaction affective transitoire d’assez grande intensité, habituellement provoquée par une stimulation venue de l’environnement. ».

Les neurosciences et quantités de thérapeutes s’interrogent depuis longtemps non pas sur la définition même des émotions, mais sur leurs origines, leurs causes et l’interaction entre les deux : Comment sont-elles générées ?  Pourquoi un individu confronté à un même contexte, une situation similaire ne ressent-il pas la même émotion ? Pourquoi certaines personnes se sentent totalement submergées et perdent tout contrôle et donc pouvoir sur elles-mêmes, là où d’autres ne ressentent qu’un léger ressenti transitoire qui n’impacte ni leur clarté, ni leur bien-être ?

Qu’est-ce qui stimule une émotion ?

Certains scientifiques considèrent qu’une émotion est immanquablement la résultante d’un événement extérieur, les neuropsychologues défendent quant à eux l’impact des causes internes en lien avec notre esprit, nos pensées.

Ainsi Antonio Damasio, directeur du Brain and Creativity Institute à l’Université de Californie et professeur en neurosciences soutient la théorie qu’il n’existe seulement que 3 formes d’émotions : primaires, d’arrière-plan et sociales.

La première fait référence aux émotions qualifiées de base et communes à tous les individus :  joie, colère, peur, tristesse, dégoût et surprise.

Si l’on s’arrête un instant sur les émotions sociales : sympathie, mépris, culpabilité, respect, envie, honte, embarras, orgueil on comprend alors aisément qu’elles puissent se manifester en résonance avec l’extérieur, l’autre, la société, l’environnement et non uniquement en écho avec notre état intérieur.

Mais ici encore les avis divergent, car ces ressentis émotionnels dit sociaux se manifestent de façon plus ou moins forte selon ce qui se joue profondément en soi. C’est le fameux effet miroir si souvent mis en relief par les thérapeutes. Si l’on réagit très intensément à un événement, un comportement, une parole, c’est sans doute que cela vient directement impacter une zone en soi qui n’est pas réglée, acceptée, aimée. Sinon cela n’aurait que peu de résonance en soi et glisserait simplement comme un non-événement, une simple opinion, sans provoquer des montagnes russes émotionnelles.

Et pour conclure ce chapitre sur les émotions, évoquons la dernière catégories d’émotions soutenues par le professeur Damasio, celles dites d’arrière-plan, moins visibles. Ces émotions naissent de l’interaction entre nos besoins internes et les situations externes. Moins fortes, elles durent également moins longtemps et font davantage référence à l’humeur. Comme lorsqu’une personne vous demande « comment te sens-tu aujourd’hui ? ». Ici on pointe un ressenti lié à une temporalité, à un instant.

Garder les clés de son bonheur dans sa poche, ne pas les remettre aux autres, est-ce si facile ?

Nous l’avons évoqué, vivre en société c’est par définition s’exposer, se confronter, interagir, échanger, partager.

Or c’est précisément dans cette interaction avec l’extérieur que l’on se rend vulnérable. Qu’on est amené à observer, ressentir des émotions variées, parfois très inconfortables et même toxiques et d’autres fois plus douces et agréables.

En résonance avec ce qu’il éprouve dans son corps et dans son esprit, il est assez fréquent que l’individu reporte la faute vers l’extérieur en pointant le doigt vers le dehors et ce qui pour lui est l’unique source de ce qui lui fait mal ou le dérange.

Cette forme de victimisation et de déresponsabilisation empêche de regarder en face avec compassion ce qui se passe vraiment en soi et les raisons pour lesquelles de tels ressentis s’invitent dans la danse de sa propre vie.

Le reflet de nos histoires intérieures

Gregory Mutumbo, conférencier de renom et auteur du célèbre ouvrage « La Symphonie des Âmes » affirme que le spectacle du monde, aussi dérangeant puisse-t-il être pour nos yeux humains, n’est que le reflet implacable de nos histoires intérieures.

Il précise par ailleurs que, ce que parfois nous regardons avec dégoût, dépit, désespoir, effroi, lassitude ou même sidération n’est rien d’autre que des aspects de nous-mêmes que nous ne parvenons pas à reconnaître en nous, à accepter et à aimer et donc qui effraient.

Il est alors plus facile d’en reporter les origines sur l’extérieur, plutôt que de regarder sans détour nos propres zones d’ombres. Et pourtant par le simple fait de leur observation aimante, la clarté prend le pas et ce qui était mécanique enfouie dans notre inconscient, se met en lumière dans notre conscient.

Cela ne signifie pas qu’il est alors si facile de résoudre la problématique, mais mise en brillance, on sait déjà où le travail peut commencer…

S’aimer en complétude

C’est aussi ici que la notion d’estime de soi entre dans la valse de nos émotions.

Oui c’est bien aussi de cet amour inconditionnel que j’évoque dans un précédent article, dont il est aussi question. Nous repoussons parfois nos zones d’ombres, nos espaces précarisant, insécurisant, pour ne tourner notre regard que ce sur quoi nous estimons être aimable en nous. Comme si ces parties de nous n’étaient pas acceptables. On les juge, on s’en détourne en repoussant la douce alchimie d’une complétude épanouissante

Nous sommes ombre et lumière, Yin et Yang, et aimer sans condition chaque parcelle de notre être, c’est honorer qui l’on est et s’aimer tel que l’on est, car tout est juste et bien entendu aimable.

Et c’est dans ce rejet partiel de nous-même que s’engouffrent inconfort, peurs, qui, dès qu’ils sont pointés par l’extérieur (qui immanquablement nous les proposent), opèrent de véritables tsunamis intérieurs et des drames émotionnels.

En s’aimant totalement, complètement, l’autre par résonance nous aimera totalement, complètement. 

Et si tel n’est pas le cas, cela n’impacte plus l’amour que l’on ressent pour soi, car il est déjà là présent, remplissant et prenant toute la place à l’intérieur. L’autre n’a alors plus le pouvoir de vider cet espace, il ne peut que le remplir davantage.

Reprendre notre responsabilité

Ainsi, quand l’autre ne nous respecte pas, il est intéressant de se demander si l’on se respecte vraiment soi-même en premier lieu. Si ce n’est pas le cas, alors de façon inconsciente on donne l’autorisation à l’autre d’en faire tout autant. 

Quand on dit oui à l’autre, il est important également d’observer si on le fait vraiment avec son cœur ou par peur. Peur de ne plus plaire, de ne pas être apprécié, de ne plus être aimé, de décevoir, d’être jugé, ou si c’est réellement un oui qui respecte aussi qui l’on est vraiment. Parfois quand on dit oui pour les mauvaises raisons, on se dit non à soi et ici aussi on remet les clés de son bonheur dans les mains de l’autre.

Confier son bonheur aux mains de l’autre, questionne aussi sur la valeur que l’on s’accorde. C’est oublier que nous sommes notre premier amour et que l’autre n’a pas ce rôle, ni cette responsabilité. Il apporte de la couleur à notre bonheur, renforce cette joie déjà présente en nous, ouvre de nouvelles opportunités de bien-être, mais ne doit pas avoir le pouvoir de nous ôter ce bonheur, et ce, quelle que soit la relation dont il est question, familiale, amicale, sociale, ou amoureuse… 

Coach en développement personnel je vous accompagne dans votre changement, au cœur de projets professionnels ou plus personnels, pour mettre en clarté les points de blocage et vous éclairer sur les solutions qui sont déjà en vous. Des solutions qui n’attendent qu’un peu d’amour et de lumière pour vous ouvrir de nouveaux chemins, vers une plus grande connaissance de soi et plus de liberté d’être.